Sous la pression de nombreuses instances dont la ville de La Ciotat et ses habitants, les associations, le Parc National des Calanques, etc, l'usine Alteo de Gardanne vient d'inaugurer une nouvelle unité de traitement biologique. Cet équipement complémentaire permet désormais à l'industriel de conformer son effluent liquide aux normes nationales, européennes et internationales.

L'usine Alteo, qui produit de l’alumine à Gardanne, a déversé pendant plusieurs décennies des boues rouges, via une canalisation de plus de 50 km, au large de Cassis. Cette autorisation prenant fin en 2015, la société en demandait une nouvelle pour rejeter des eaux «de procédé» contenant notamment des traces d’arsenic, d’aluminium ou encore de fer. C’était sans compter sur la mobilisation des citoyens ciotadens, emmenés par la municipalité et son maire d’alors, Patrick Boré.

En quelques semaines, une pétition réunissant plus de 15 000 signatures exigeant l’arrêt de ces rejets toxiques en mer était adressée à l’État. Il n’existait alors aucune solution technique pour traites ces eaux, mais la direction de l’entreprise assurait vouloir inventer un procédé permettant d’y remédier. «Nous avions assez souffert de l’amiante des chantiers navals, puis des millions de tonnes de boues rouges toxiques rejetées en mer cinquante ans durant, pour ne pas agir», rappelle Arlette Salvo, récemment élue maire de la ville.

C’est donc aujourd’hui, pour la municipalité, une réelle satisfaction qui accompagne cette réalisation, d’autant qu’une nouvelle unité de traitement biologique inaugurée début septembre permet à l’entreprise de répondre aux normes européennes.

Un projet partagé notamment par le Parc National des Calanques qui mobilise depuis 2015 une expertise scientifique dans le cadre du Comité de surveillance et d’information sur les rejets en mer (CSIRM) pour connaître et évaluer l’impact du rejet sur le milieu marin.

L’objectif, à terme, étant que ce rejet en mer soit totalement supprimé, en recyclant l’eau dans le processus industriel. Un dossier suivi de près par la municipalité et tous les acteurs qui mènent ce combat environnemental. 

E.R

Source : Magazine municipal - octobre 2020

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