Natif de La Ciotat, le photographe Michel Eisenlohr (46 ans), a été mis à l’honneur au Musée d’archéologie méditerranéenne à Marseille, avant le confi nement. Son exposition, initialement prévue du 10 septembre 2020 au 24 janvier 2021, s’intitule «La Syrie en noir et blanc». À travers 37 clichés, c’est une plongée dans ce qu’était ce pays aujourd’hui miné par la guerre qui rappelle qu’avant la tragédie, cette civilisation était l’un des berceaux du monde. D’Alep à Damas en passant par Palmyre, les clichés de Michel Eisenlohr vous transporteront dans un monde d’avant...

La Ciotat Infos : Racontez-nous votre voyage en Syrie ?
Michel Eisenlohr : En 2002, j’étais invité à un festival de photos à Alep où je devais présenter un travail sur l’Afrique de l’ouest. J'ai fait le trajet en voiture. J’aime bien les déplacements réels car le cheminement est aussi important que la destination. J’avais un regard détaché, sans pression même si j'ai appris que les services secrets me suivaient... Ces photos sont longtemps restées dans mes cartons. Aujourd’hui, elles me dépassent un peu.

LCI : C’est en voyant la destruction par Daesh en 2015 que vous avez pris conscience du trésor que vous aviez entre les mains ?
M.E : J’ai d'abord pensé que j’avais des images exceptionnelles puisque Palmyre était détruite à 90%. Ensuite, j'ai ressenti quelque chose de plus intime comme du dégoût et de la colère. Ce site millénaire était détruit par la bêtise humaine. J’ai voulu faire partager que la Syrie était un pays beau et accueillant bien différent de cette horreur.

LCI : Pensez-vous y retourner ?
M.E : J’y songe. Dans 2-3 ans peut-être. Mais je ne suis pas un reporter de guerre donc je ne prendrai aucun risque. Si j’y retourne ce ne sera pas pour faire un avant après. Ce sera un reportage lisse, sans intention.

LCI : Peut-on imaginer cette exposition à La Ciotat ?
M.E : J’y suis né, c’est ma ville d’enfance même si aujourd’hui je n’y vis plus. Je n’ai jamais exposé à La Ciotat et j’aimerais. Cela aurait du sens. Cette ville est liée à l'image par le cinéma et la photo. Il s’y passe beaucoup de choses culturelles.

Propos recueillis par Patrick Brun

Source : Magazine municipal - Décembre 2020

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